Et toi, qu’est-ce que tu fais, comme métier ?

La recherche d’emploi, pour ceux qui s’y trouvent, c’est un passage de la vie auquel on ne s’était généralement pas préparé et qui peut mettre à l’épreuve les personnalités, les couples, les familles …

Tout commence par une rupture, parfois violente, avec le précédent employeur. Suivant les griefs, elle peut mettre en cause la compétence, la personnalité, la relation aux autres. Dans certains cas elle peut être dévastatrice de la confiance en soi. Certains mettent des mois à s’en guérir.

C’est aussi une rupture avec un cadre, des obligations, un réseau, une position sociale, des collègues…La perte d’emploi est souvent comparée à une période de deuil : déni, colère, abattement, les étapes sont les mêmes et paralysent l’action.

Après cette période, vient une période d’incertitude :

– Pas de maîtrise de l’avenir : combien de temps me faudra-t-il pour retrouver un emploi ?

– Faire des projets est hasardeux : où travaillerai-je ?

– Peu de maîtrise du temps : à tout moment je peux être convoqué pour un entretien.

– Les réponses aux mails de candidature sont rares et la plupart du temps négatives , sous forme de formules toutes faites.

– Quand un entretien a été « décroché » il est parfois chaleureux, mais il peut aussi être critique, négatif, destructeur d’espoir.

Avec l’incertitude viennent aussi la solitude, la difficulté à « s’y remettre » quand un entretien s’est révélé négatif, les périodes d’attente : « dois-je rappeler ? ». Peuvent également s’ajouter des difficultés financières, conjugales ou familiales et généralement l’incompréhension des proches : « et toi, qu’est-ce que tu fais ? »

Tout cela est hélas vrai et vécu, mais…

… mais cette épreuve est aussi un chemin, à l’arrivée duquel le candidat se retrouve différent de celui qu’il était au départ. Le demandeur d’emploi, (surtout s’il s’est fait accompagner, ce qui est vivement recommandé) a eu l’occasion de réfléchir sur lui-même, sur sa précédente expérience, d’en dégager les temps forts, de définir ce qu’il sait faire, ce qu’il aime faire et ce qu’il réussit. Il a appris à mieux présenter ses compétences, à préciser son projet professionnel. Il est plus fort pour repartir.

Parfois même, c’est l’occasion d’un nouveau départ, d’une nouvelle définition du projet vers des activités qui attirent et auxquelles il n’avait pas pensé ou qu’il s’était interdit jusque-là.

C’est souvent l’adoption d’une attitude plus méfiante vis-à-vis de l’Entreprise.

Mais c’est aussi une voie, pour ceux qui « y sont passés » vers plus d’humanité.

F. Malrieu